11 avril 2414 ~ Contributions du cercle «Chantier Vieille Ville 2413» ~ Réunion à la Maison des francités de l’ULPM

Membres présent·e·s, par ordre d’apparition:

  • Vestin de Bien – Docteur·e ès Sieste / Relaxologue
  • Maurine Leroux – Docteur·e en Communication Humaine et Animale / Coloriste
  • Vivi Va – Docteur·e en religion [Bouddhisme/Modernité] / Calligraphe
  • Sot-Matin Herbousset – Docteur·e en gastroentérologie [mécanique des fluides et parasites] / Plombier-chauffagiste
  • Je-An Sème – Docteur·e en acoustique urbaine / Accordeur·e de sonnettes de vélos
  • Sara de Lightberg – Docteur·e en Argumentation et en Manipulation / Animatrice d’ateliers d’écriture

Rapporteur·e et éditeur·e:


Interventions de Vestin de Bien

De grand matin, déshabiller la nature de ses couleurs, chasser l’air vif, se rapprocher de l’eau dormante, fuir l’eau courante. 
Proscrire d’y nager ou plonger, surtout si elle est plus bleue que bleue.

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Se ménager une place, même petite et faire avec ce qu’on a.
Être bien ici, pas ailleurs. Juste bien pour la sieste, sans penser à la suite.
Laisser venir la paix, récolter le bien-être.
Faire admirer le résultat du métier de relaxologue, s’entourer d’adeptes et s’enrichir.

Une contribution de
Vestin de Bien
Docteur·e ès Sieste / Relaxologue
Doctorant·e ULPM
Membre du cercle «Chantier Vieille Ville 2413»
vestin.de-bien@113oracles.org


Interventions de Maurine Leroux

Ce matin je sens l’air vif m’embrasser. Et cela me donne l’impulsion d’habiller la nature de couleurs. Depuis toujours j’aime les couleurs. Chaque couleur possède sa signification, sa signature. Sa vibration. Pourquoi certains jours a-t-on envie de s’habiller de bleu, ou de rouge? Et d’autres fois pas du tout! Ce n’est pas par hasard. Les couleurs entrent en résonance avec nos fréquences, avec nos émotions, avec nos ressentis du moment.

Et ceci aussi bien pour les humains que pour les animaux. Jadis on croyait, à ce qu’il semble, que les animaux ne percevaient pas les couleurs. Quelle erreur! Ils y sont très sensibles au contraire.
Hier, j’ai eu un entretien avec une personne très attirée par un coussin blanc. Rien de surprenant: elle commence une nouvelle vie. Et le blanc est précisément la couleur du neuf, d’un nouveau départ. L’après-midi, j’ai communiqué avec un chat qui sans hésiter a choisi le jaune pour s’y ancrer, afin de mieux asseoir sa personnalité et de ne plus se laisser dominer par ses congénères.

Aujourd’hui, pas de soin particulier en vue. Quoique souvent les humains ou animaux me viennent à l’improviste. Quand ils en ressentent le besoin. Et cela coïncide toujours miraculeusement avec mes propres envies, mes propres disponibilités. La vie est magique. Quand on vit en harmonie, tout se place harmonieusement dans une journée. Jamais de bousculades. Rarement de contre-temps.


***

8/13 Les Vacances

Libérer ce qui a été confisqué. Telle est notre tâche. Réunir ce qui a été séparé.
Tout est UN.
Nécessité d’en prendre conscience.
Le Réunir.
Le vivre dans toutes nos fibres.
C’est pour cela que nous sommes venu.es, avec nos couronnes.
Ce qui a été bafoué, ligoté, torturé, emprisonné, est maintenant libéré. Et tous les biens sont devenus communs.
Rendus à l’usage commun.
Biens communs de tous temps et de toutes espèces.

Un peu de lexicologie

En quoi certains vocables ont-ils évolué et changé de sens par rapport à ce que nous savons du passé?

Depuis que je suis devenue doctorante, je me suis intéressée à la signification de ce terme, et à la valeur de ce titre au travers de l’histoire.
Il semble que jadis ils s’agissait d’obtenir un diplôme, de passer des examens, après avoir subi suivi des cours très théoriques dans des écoles et des auditoires souvent sans fenêtres, et très dépourvus d’aération.
Il me paraît certain d’avoir connu dans une autre vie ces contraintes horribles, ainsi que l’horreur des horaires, ce qui expliquerait face à ces maudits mots l’émergence de quelques vagues résidus de colère, de même que ma vigilance à ce que cela ne se représente jamais plus, alors que dans cette vie-ci cette colère n’a évidemment nulle raison d’être. Cette hypothèse éclairerait par ailleurs aussi ma très grande fascination pour les fenêtres.

Je ne comprends pas cette façon archaïque d’éduquer, de diffuser un enseignement.
Ici, nous sommes enseignés par la nature. Et par des sages ayant acquis leurs connaissances par la pratique. Nous apprenons à développer notre intuition.

Plus rien n’est obligatoire. La notion de respect est inculquée dès l’enfance, permettant à elle seule l’harmonie. Il paraît, quand on fouille l’histoire, que pour tenter d’obtenir cette harmonie, on avait recours jadis à ce qu’on appelait des punitions, ou des sanctions. En fait, celles-ci n’avaient pour but que d’établir la contrainte et et la soumission. A viser à ce que les êtres humains ne pensent et n’agissent pas par eux-mêmes, et à ce que leurs souffrances et entraves physiques et psychologiques les privent de toute possibilité d’essor de leurs qualités humaines.
Dans certains documents on trouve par exemple le témoignage d’une femme qui avait dû écrire cent fois «Je dois obéir sans répliquer». Quelle époque totalitaire! Comme je bénis notre libération!
Nous savons aussi qu’au cours de ce long historique barbare, les animaux n’étaient pas considérés comme les grands enseignants qu’ils sont. Le monde vivait dans l’ignorance, ce qui l’amenait à bon nombre de cruautés indicibles envers les races animales, mais aussi des humains les uns envers les autres.

De plus, beaucoup devenaient odieux et tyranniques vis-à-vis d’eux- mêmes, se mettant la barrière trop haut par manque de reconnaissance, croyant devoir justifier leur existence par de multiples actions frénétiques et souvent abaissantes, se rendant esclaves de mille et une injonctions venant d’autrui ou dictées par eux-mêmes.
Nous apprenons avec sidération qu’il existait des influenceurs, qui propageaient leur avis sur tout, et que nombre d’humains écoutaient et suivaient comme si leur vie en dépendait. Et de fait elle en dépendait, car ils étaient à leur merci, soumis à leur approbation, réduits à rien par leurs diktats.

Il est rapporté encore que les humains en étaient arrivés à ne plus communiquer que par écrans, sauf une poignée d’irréductibles ayant réussi à échapper à ce despotisme. C’étaient les mêmes qui avaient continué à cultiver leurs jardins, et à diriger leur apprentissage vers des méthodes libres et alternatives. En d’autres mots, ceux-ci ont été les pionniers et les ferments de l’harmonie établie enfin aujourd’hui. Ils ont été également les architectes de nouveaux habitats, plus naturels. Ils ont effectué le tri nécessaire au sein de la technologie, n’en retenant que ce qui respectait l’humanité et la nature, et la rendant accessible à tous et toutes. C’est cette architecture à la fois innovante et retournant aux sources qui a inspiré la nôtre, celle qui nourrit chaque jour notre harmonie. On voit bien que des termes comme architecture ou technologie par exemple, et il y en a bien d’autres, n’ont pas du tout la même signification si l’on considère les nôtres, ou celles perverses et nauséabondes qui ont hélas sévi durant les siècles derniers. Le vocabulaire au fil du temps change de contenu et de sens. Même si par ailleurs la télépathie s’est beaucoup développée, la langue parlée reste un moyen de communication privilégié, apparenté à l’art. Et chaque jour pour mieux nous servir, nous voyons qu’elle s’affine, se peaufine, se fait sans cesse meilleure contributrice du partage efficace de nos pensées en devenant pour notre plus grande joie un magnifique instrument modulable et vivant.

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En cette belle matinée, je me suis installée sur l’herbe verte, près du ruisseau. Je laisse l’eau se rapprocher de moi. Le banc garni de mosaïque, que je réalise en ce moment, permettra aux passants de se reposer, d’échanger librement en bordure du courant. Nous en avons déjà construit un certain nombre, sur les places, au bord des chemins, en alternance avec des assises en bois. Le bois se marie bien avec la mosaïque. Nous avons érigé une fontaine aussi, au centre du village, depuis lors doté d’une musique cristalline. L’eau y est potable. Tout le monde peut y venir s’abreuver.

Souvent, certains ou certaines se joignent à moi pour participer à cette œuvre. C’est un partage qui a toujours lieu dans la joie. Mais aujourd’hui je me trouve seule ici, et cette solitude me va. Car j’ai été très entourée ces dernières journées. Et un peu de méditation en solitaire maintenant me convient.

Je pense que très bientôt notre banc sera terminé, et que nous pourrons récolter les fruits de notre ouvrage commun. En admirer le résultat. Ce qui donnera bien sûr lieu, comme pour tout bel acte accompli à Pont-de-Montvert, à une jolie fête.

Une contribution de
Maurine Leroux
Docteur·e en Communication Humaine et Animale / Coloriste
Doctorant·e ULPM
Membre du cercle «Chantier Vieille Ville 2413»
maurine.leroux@113oracles.org


Interventions de Vivi Va

La journée la plus importante dans mon travail est le dimanche. J’ai effectivement découvert que le dimanche était le jour où les gens pouvaient avoir la foi. Avec Nat la linguiste traductrice, nous escaladons la montagne avec tous nos livres le dimanche. Pour l’existence infinie d’autrefois, c’était le moyen de faire confiance à Dieu. Il fallait rester loin des autres, sur une montagne la plupart du temps, en fermant les yeux tout en chantant. Personnellement, je trouve cette expérience enrichissante, j’ai alors le sentiment de vivre comme ces gens de l’époque Bouddhiste.

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Les deux sœurs comme les deux faces d’une même vague: qui avance et qui recule. Chaque acte posé nous fait exister et devenir. Les choix des autres qui ne devraient pourtant que les concerner finissent par avoir un impact sur nous, finissent par nous influencer. C’est de notre responsabilité d’exercer des actions significatives, de réaliser de vrais choix. Sans cela, nous ne pourrons qu’être pris dans cette tempête. Alors qu’à force de décider, nous prendrons un chemin qui nous dirigera vers la liberté et nous apprendrons à nous connaitre et à exister. Les 2 soeurs nous apprennent que de nombreux chemins sont possibles et qu’il vaut mieux choisir le bon au risque de se perdre ou de se retrouver.

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Arrivées sur place, Nat et moi travaillons à une compréhension poussée des textes. La traduction est certes difficile et de nombreux personnages semblent se contredire mais c’est extrêmement intéressant d’apprendre que les 3 personnes leur permettaient de développer l’harmonie entre eux et qu’un animal éléphant à plusieurs bras, appelé Ganesh et disparu aujourd’hui, leur venait en aide dans les moments difficiles. 

Une contribution de
Vivi Va
Docteur·e en religion [Bouddhisme/Modernité]/Calligraphe
Doctorant·e ULPM
Membre du cercle «Chantier Vieille Ville 2413»
vivi.va@113oracles.org


Interventions de Sot-Matin Herbousset

Comme tous les mots qui riment, «se nourrir» et «s’enrichir» entretiennent d’étroits rapports de synonymie. C’est d’ailleurs pour ce motif que nous autres Pontiverdes, comme en de nombreux autres endroits de cette planète, percevons une partie des recettes chaque fois que nous allons au restaurant. Pour d’évidentes raisons, le verbe «mourir» a cédé la place à «décéder», car plus personne ne souhaitait penser à la mort à chaque repas ou au moment d’engraisser la tirelire.

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Honorables collègues et camarades

Vous et moi nous connaissons de longue date, comme nous connaissons également nos divergences d’opinion parfois profondes. Eu égard à l’initiative soutenue par la doctorante Louipop, je pense pouvoir désormais vous affirmer que ces abysses qui nous séparent seront très prochainement relégués aux archives de notre bonne ville, car c’est à la source des oracles eux-mêmes que je vous propose d’étancher notre soif de vérité. En effet, le texte 12/113, intitulé «La lutte», déclame en toutes lettres et dans un langage qui ne laisse aucune place à l’ambiguïté, réfute la pertinence des sciences basées sur le passé, et donc condamne cette même étude à laquelle nous consacrons nos samedis depuis déjà un certain temps. Dans cette perspective, il semblera évident à tout esprit capable de relier la distance entre sa main gauche et la droite que l’image qui doit être associée à ce texte ne peut être que celle du Drakkar. Il suffit, en effet, de pivoter ladite image d’un quart de tour pour transformer le bateau mythologique d’envahisseurs tout aussi mythologiques en une harpe, instrument que vous et moi connaissons bien mieux que ces prétendus ancêtres nordiques.

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Lors des derniers débats au sein de l’assemblée citoyenne de Pont-de-Montvert, une faction a proposé d’inverser le binôme («s’enrichir» et «se nourrir», donc) en vue de proposer l’organisation d’un banquet à chaque fois que quelqu’un s’enrichissait. En ma qualité de plombier-gastroentérologue, toutefois, j’ai dû avertir l’assemblée sur la pression que ferait peser cette mesure sur la tuyauterie des Pontiverdes ainsi que de notre bonne ville: ni l’un ni l’autre ne seraient capables de la digérer.

Une contribution de
Sot-Matin Herbousset
Docteur·e en gastroentérologie [mécanique des fluides et parasites] /
Plombier-chauffagiste
Doctorant·e ULPM
Membre du cercle «Chantier Vieille Ville 2413»
sot-matin.herbousset@113oracles.org


Interventions de Je-An Sème

La journée avait bien commencé. Levé de bonne heure, j’allais prendre une bonne douche en laissant le courant nager contre moi. Puis, une fois la… piscine remplie, j’ai plongé dans l’eau plus bleue que bleue.

Il y avait du monde! Tout Pont-de-Montvert était là! Nous avions tous décidé de nous laver en même temps! Il fallait donc se faire une petite place dans l’eau, près des savons, autant que faire de la place à ceux qui s’approchaient de l’eau et la regardaient en espérant rapprocher l’eau d’eux! Il y en a quand même qui se font beaucoup d’illusions! Personnellement, je préfère récolter que faire venir. C’est plus rapide aussi.

Dans cette cohue de piscine matinale, impossible d’imaginer «être ici, juste bien». Non.

Il fallait aller vite et penser à la suite, faire avec ce qu’on a, avant d’aller faire ce qu’on fait ailleurs! Tout simplement.

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Je pense que cette image correspond bien à ce texte et, en tant que spécialiste, j’en fais ici la démonstration.

Le personnage sur l’image s’appelle Taigne de Mont.
D’autres textes en attestent. Des textes encore plus anciens.
Toujours, il est représenté avec sa cape, son justaucorps et ses lunettes.
Vraisemblablement philosophe et chercheur, humaniste à ses heures perdues, il voyageait énormément.
Il éclairait les routes, les sentiers et les sombres couloirs de sa lampe de poche, et ne manquait jamais de la recharger chaque soir (les bougies étaient rares à cette époque).
De même, son téléphone à cornet n’était jamais loin. Il pouvait aussi le recharger aisément.

Taigne de Mont était un «grand homme». Un de ces «illustres» qui restent dans les manuels scolaires.
Jamais dépourvu d’arguments – fussent-ils mêlés d’illusions et de preuves fantasques –, il n’hésitait pas à inclure dans ses études, des souvenirs personnels et des manifestations du présent que chacun et chacune avalaient comme tout bon humain subjectif et simplement «passant» que nous sommes.

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A la sortie, certains regards moqueurs «admiraient le résultat». D’autres, les plus prétentieux ou prétentieuses, faisaient voir le résultat. Il y en a qui trouveraient n’importe quoi pour se rapprocher et s’entourer.

Moi, je préfère sentir l’air vif m’embrasser. Me nourrir ainsi et m’enrichir de toutes les promesses de la ville. D’ailleurs, il est l’heure pour moi d’aller accorder les sonnettes de vélos.
Je n’habille pas la nature en couleurs. Je ne me perds pas dans des illusions pleines de mensonges fantasques. Non, non. Moi, docteur en acoustique urbaine, j’habille la ville de musiques en bonheurs.

Une contribution de
Je-An Sème
Docteur·e en acoustique urbaine / Accordeur·e de sonnettes de vélos
Doctorant·e ULPM
Membre du cercle «Chantier Vieille Ville 2413»
je-an.seme@113oracles.org


Interventions de Sara de Lightberg

Au réveil, un petit pipi. Si la veille a été abondante. peut-être même un gros caca.

Quel que soit le déroulement de la journée qui commence (travail: écrire et lire ou oisiveté: lire et écrire), il faut d’abord à Sara de Lightberg qu’elle fasse de la place dans son corps pour accueillir tout ce qui va se présenter à elle, à sa communauté de Pont-de-Montvert et au Monde.

Ensuite, elle ouvre grand sa fenêtre pour laisser entrer dans sa chambrée l’air et le chant des zoziaux. Elle s’installe sur son lit (avec matelas à mémoire de forme) adossée à son moelleux coussin de lecture et elle ouvre son journal de gratitudes. Elle y inscrit trois raisons d’être reconnaissante (dans l’ici et maintenant).

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Chère Prudence, cher Vestin, cher.e.s concitoyens et concitoyennes,
Vous aurez déjà entendu et entendrez encore beaucoup de sornettes quant à l’attribution d’un des oracles à cette image de mer qui semble agitée.

Certains argueront que ces deux vagues pourraient représenter les 2 Soeurs: balivernes. Cet oracle parle de choix or les vagues ne choisissent pas: elles sont guidées par les marées.
D’autres pourraient y voir une mâchoire qui s’ouvre afin d’y engloutir la vie, ou ses ennemis. Pff! Nous n’avons pas d’ennemis et nous n’avons pas besoin d’engloutir.

Tout est partage, bienveillance, solidarité et abondance dans notre communauté. Ces concepts sont dès lors caducs, Bouddha merci.
D’autres encore y verront – par le biais de leur esprit simplet – la représentation des vacances.

Simplet et simpliste:
dans le monde des siècles précédents, la vie était tellement aliénante qu’il fallait, souvent en été, s’enfuir vers la mer, la plage et sous le soleil pour échapper à – ou retarder – l’implosion du burn-out de Damoclès au-dessus des têtes de nos ancêtres.

Chère Prudence, chers concitoyens et concitoyennes de Pont-de-Montvert, ouvrez vos yeux, votre esprit, votre âme et votre aura.
Cette iconographie de vagues représente bien évidemment la vie éternelle.

À l’instar des marées, les vagues traversent la vie d’innombrables fois et, selon les phases de la Lune et des cycles féminins, rien n’est inattendu en elles. Si l’on sait l’influence du magnétisme des astres sur nos vies, si l’on se désétrique de notre vision micro: Oh, pas de vagues! Oh, une grosse vague! Oh, de l’écume! et autres étonnements pas plus loin que le bout de nos nez, on réalise que les malheurs, nos plaisirs, vos pensées, tous les jugements et même les soupirs, tous suivent le même ordre et le même enchaînement. CQFD.

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Par exemple, hier, elle remerciait la pie qui jacassait à un mètre d’elle, l’énorme boudin d’excréments qu’elle venait de mouler avec délectation et qui l’avait détestée au bas mot d’1,5 kg; et également l’odeur de la soupe aux asperges qui lui caressait les narines et qui, après ses rituels matinaux, lui envoûterait le palais (avant d’être éliminée elle aussi probablement bien avant le lendemain matin, soit maintenant, si vous me suivez, puisque je vous parlais justement de l’exemple de gratitude de la veille).

Ensuite, Sara se lavait le visage à grande eau de source, avant de s’offrir un drainage lymphatique du visage en regardant un épisode de sa série du moment (ou un bout parce que pas plus de 20 minutes, sinon elle allait être en retard à l’atelier d’ écriture du matin qu’elle offrait tous les jours aux Pont-de-Montverdistes amateurs de jeu de mots).

Une bonne douche, un savoureux thé et , enfin, rejoindre sa chatte (la femelle d’un chat) et de se faire une petite place dans le canapé préféré de sa féline, pour l’écouter ronronner et la câliner.

Une contribution de
Sara de Lightberg

Docteur·e en Argumentation et en Manipulation /
Animatrice d’ateliers d’écriture
Doctorant·e ULPM
Membre du cercle «Chantier Vieille Ville 2413»
sara.de-lightberg@113oracles.org