Articuli ex Encyclopaedia Locali ULPM

Table des articles


Moderne / Ancien

Au 21ème siècle, la tension entre tradition et modernité était telle que des conflits pouvaient survenir entre les personnes. L’harmonie que devait apporter la foi était oubliée et les croyants devenaient sourds et aveugles face aux injustices et se disputaient pour savoir comment croire. Ce type de comportement incompréhensible à notre époque se répétait régulièrement à chaque petit problème. Des évènements tels que des guerres – moments ou les personnes en venaient aux mains à l’aide de matériel spécifique pour se combattre – n’étaient pas rares et l’harmonie n’était alors plus l’objectif premier du monde. Il est peut-être nécessaire de spécifier que ces événements étaient beaucoup plus violents que de simples remarques que nous pouvons observer à notre époque.

Les croyants qui ne participaient pas aux guerres étaient parfois attaqués de la même manière que les combattants qui y participaient. Il semble de nos jours difficile de comprendre l’amplitude de tels conflits. L’harmonie ultime ayant été atteinte il y a déjà plus de 2 siècles.

Article de Vivi Va
Docteur·e en religion [Bouddhisme/Modernité]/Calligraphe
Doctorant·e ULPM
Membre du cercle «Chantier Vieille Ville 2413»
vivi.va@113oracles.org


Vivre vite / Prendre le temps

Vivre vite ou vitre vive
vitre vive ou vire vie
vire vie ou rive en vie.
Prendre le temps? Pourquoi?
Tout va si vite.
La vie passe si vite.
Alors je cours. Oui je cours.
Je cours et j’écoute.
J’écoute la vie qui vire parfois au cauchemar.
Le cauchemar d’un son mal accordé.
Le son de la sonnette discordante.
Le son de la discorde.
Le son de la vitre vite brisée.
Alors oui, moi je vais vite,
vite pour arriver sur l’autre rive
en vie.
La vie passe si vite.

Article de Je-An Sème
Docteur·e en acoustique urbaine /
Accordeur·e de sonnettes de vélos
Doctorant·e ULPM
Membre du cercle «Chantier Vieille Ville 2413»
je-an.seme@113oracles.org


Des complémentarités et similitudes entre le nécessaire et le superflu, entre les besoins et les désirs

Indiscutablement, les besoins physiologiques sont à la base du nécessaire.

Parmi eux, la sexualité.

Il y a quelques siècles, le sexe était non pas considéré comme tel, un besoin, mais comme superflu, voire même avilissant. Il n’était pensable que dans ses fonctions reproductives, reléguant au «sale» son rôle essentiel dans le renforcement du système immunitaire, la réduction du stress et de l’anxiété, l’amélioration de la santé cardiovasculaire et, bien entendu, le renforcement de notre système d’attachement, via la libération d’ocytocine et d’endorphines.

En revanche, nos ancêtres ont longtemps considéré le nombre de «likes» comme un besoin vital, quasi au même niveau de la pyramide de Maslow que le sommeil ou l’excrétion.

Article de Sara de Lightberg

Docteur·e en Argumentation et en Manipulation /
Animatrice d’ateliers d’écriture
Doctorant·e ULPM
Membre du cercle «Chantier Vieille Ville 2413»
sara.de-lightberg@113oracles.org


Quand je me réfère à l’histoire humaine…

Quand je me réfère à l’histoire humaine telle qu’elle nous a été rapportée, je m’aperçois avec surprise que beaucoup parlent du réel de façon très désabusée, constatant une cruelle dichotomie entre une banale et décevante, voire atroce réalité, et l’harmonie qu’ils souhaiteraient au plus profond d’eux-mêmes voir se réaliser. Soit il leur paraît impossible de transformer selon leur désir ce qui existe, soit ils croient impossible de mener à bien de toutes pièces leurs souhaits novateurs.
Je m’aperçois alors combien nous venons de loin! Ici, à Pont-de-Montvert, notre réel relève essentiellement de ce qu’ils nommaient au siècle passé encore impossible. Ou incroyable.


Il existait bien des adages tels que Impossible n’est pas français. Mais la portée de pareil slogan demeurait hélas lettre morte. Dans la réalité de nos malheureux prédécesseurs, il a été établi à l’aide de maintes recherches que les actes humains se fondaient bien davantage sur leurs limites que sur leurs potentiels, sur la fermeture que l’ouverture, sur leurs freins plutôt que sur leurs immenses possibilités d’essor qu’ils paraissaient ignorer totalement. 


Plus tard dans l’évolution, il fut dit aussi par un homme assez inspiré: 
Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. Bien que la paternité n’en soit pas sûre, cette pensée est attribuée à un certain Mark Twain, écrivain du dix-neuvième siècle. Mais là encore, même si elle a pu inspirer favorablement quelques créateurs dans leurs entreprises, cela restait une jolie formule aux retombées relativement stériles.

Certains pourraient se croire ici obligés de retourner à de vieilles querelles, comme par exemple celle de Anciens et des Modernes, ce qui serait un faux problème. Une source d’égarement. 
Reprendre de l’ancien ce qui est en accord avec nos valeurs humaines est précieux. Tout n’est pas à jeter, loin de là. Nous avons hérité de nos aïeux nombre de techniques artisanales qui ont ensuite été honteusement délaissées au profit de la vitesse, de la facilité, de bénéfices financiers rapides et sans conscience. Actes qui ont abîmé les sols, pollué les eaux, vicié l’air, dévoyé l’esprit et le corps des humains attirés pour une grande part sans plus aucun discernement sur les voies d’une robotisation extrême qui a bien failli engendrer leur perte totale.

Heureusement, certains ont su préserver la sagesse ancienne tout en permettant à des comportements et principes figés d’évoluer. Ils ont décelé les dangers de certaines technologies qualifiées alors de modernes et en ont débusqué les dérives probables, d’autant que placées en de mauvaises mains. Ils ont contribué à leur développement afin de les appliquer au bien commun, éradiquant par ce fait les craintes ancestrales non fondées surgissant souvent par réflexe inadéquat devant le neuf.

Pourquoi et comment notre belle réalité d’aujourd’hui est-elle donc devenue possible? Par quels chemins? Quel en est le secret?


Première condition: Il est indéniable que le vivre ensemble permette de nobles réalisations très difficiles et même impossibles à obtenir quand on est seul. Et je parle ici du véritable vivre ensemble, celui que nos ancêtres ne semblaient parvenir à expérimenter que de façon tristement précaire et fragmentaire. Je parle de ce vivre ensemble qui se concrétise dans le respect, l’amour, la bienveillance, l’entraide, la solidarité, le non-jugement, l’absence de désir de pouvoir et de jalousie. Sans ces conditions, le vrai vivre ensemble est impossible.

Deuxième condition: Un foi en soi inébranlable. La conviction profonde et indéracinable que nous possédons tous et toutes des capacités illimitées, des facultés de perceptions et d’intuition inouïes, aussi bien en ce qui concerne notre propre fonctionnement que celui du monde. Et grâce à cette conscience, en bénéficier pleinement.

Comment cette deuxième condition peut-elle s’acquérir? Mais tout simplement par une ou deux générations de ce véritable vivre ensemble dans le respect, qui est la base de tout bon sens. Nous apprenons qu’il y a quelques siècles encore, tous les humains sans pour ainsi dire d’exceptions, se coltinaient plusieurs de ce que des spécialistes nommaient des blessures psychologiques, ces blessures se révélant à l’origine de tous les vices de comportement, aussi bien à l’encontre de soi que d’autrui. Il va sans dire que ces dysfonctionnements se répercutaient dramatiquement de génération en génération, entravant toute liberté intérieure et toute perspective de vivre ensemble harmonieuse et durable. Il existait bien différentes professions tentant de résoudre ces difficultés. Mais, outre que ces professions comptaient nombre d’escrocs profitant du mal-être et de la naïveté des gens, les aidants bien intentionnés n’obtenaient souvent que de faibles résultats, car l’un des obstacles les plus répandus à la guérison résidait dans l’auto-sabotage. Sans compter que beaucoup d’aidants se trouvaient eux-mêmes empêtrés dans leur assistance, et parfois à leur insu, par leurs propres blessures non entièrement cicatrisées.

Tout ce fatras dont nous sommes maintenant débarrassés, fait partie par bonheur uniquement de la mémoire de nos musées, qui n’a plus aucune accointance avec les nôtres, ni avec nos expériences sociétales ou individuelles. Ne sous-estimons cependant pas cette mémoire collective qui n’existe plus que dans les documenthèques, car elle nous informe entre autres du fait déplorable que les âges d’or jusqu’à présent aient été éphémères. Quand on sait combien l’harmonie dans le passé a pu être transitoire et fragile, faisons en sorte que celle que nous connaissons ici et dont nous avons conscience du prix inestimable, soit robuste, stable, et pérenne.

Article de Maurine Leroux
Docteur·e en Communication Humaine et Animale / Coloriste
Doctorant·e ULPM
Membre du cercle «Chantier Vieille Ville 2413»
maurine.leroux@113oracles.org